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Rédigé le 22 juin 2009 | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
Vincent Peillon répondait ce vendredi aux questions du quotidien "La Provence".
La Provence : Quelles leçons tirez-vous du score réalisé par le PS ?
Vincent Peillon : Si nous n'avons pas fait un bon score, c'est que notre campagne n'a pas été bonne, c'est évident. Mais je ne veux pas déresponsabiliser les électeurs qui se sont abstenus: les couches populaires et les jeunes. Nous n'avons pas été capables de montrer à ces populations l'importance de l'enjeu. Ensuite, il faut que le PS ait un discours plus crédible et ait un comportement plus attractif. Il va falloir aussi travailler au rassemblement de la gauche.
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Rédigé le 19 juin 2009 | Lien permanent | Commentaires (6) | TrackBack (0)
Vincent Peillon répondait, ce lundi, aux questions de Nicolas Demorand sur France Inter dans l'émission 7/10. Il s'est exprimé sur les nécessaires vrais changements du Parti Socialiste. Retrouvez ci-dessous les vidéos de son interview ainsi que des réponses qu'il a données aux questions des auditeurs.
Rédigé le 16 juin 2009 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Vincent Peillon répondait aujourd'hui aux questions du quotidien Le Monde.
Le Monde : Vous participerez mardi 9 juin au conseil national convoqué par Martine Aubry. Après les résultats particulièrement défavorables des élections européennes du 7 juin, tout est-il à refaire pour les socialistes ?
Vincent Peillon : Il faut faire attention avec les élections européennes. Dans le passé, ces scrutins ont déjà donné lieu à des dérapages électoraux puissants, au détriment du PS en 1994, qui gagnait pourtant en 1997, ou au détriment de la droite en 1999 et 2004, qui gagnait en 2002 et en 2007. Gardons donc notre sang-froid. Cela posé, nous avons connu trop d'échecs dans les élections de dimanche. D'abord, l'échec de l'Europe. L'augmentation régulière du taux d'abstention à laquelle on assiste depuis que les députés européens sont élus au suffrage universel, en 1979, ne peut pas nous satisfaire. Surtout lorsque ce sont les jeunes et les catégories populaires qui ne sont pas allés voter. Je vois beaucoup d'autres échecs. Hormis la percée des Verts, je ne vois même que ça. Pour autant, je ne nie pas la responsabilité du PS qui s'est mis en difficulté en n'étant pas en mesure d'imposer son offre politique. Car, à l'évidence, nous ne sommes pas parvenus à nous faire entendre. C'est la raison pour laquelle une partie non négligeable de notre électorat n'est pas venue voter. Ou est allée voter pour d'autres listes - essentiellement celles d'Europe Ecologie - dont il discernait mieux l'utilité.
Rédigé le 09 juin 2009 | Lien permanent | Commentaires (10) | TrackBack (0)
Vincent Peillon était ce matin l'invité de Jean-Jacques Bourdin, en direct de Bruxelles. Il est revenu sur les résultats décevants des socialistes aux élections européennes qui se sont tenues hier.
Rédigé le 08 juin 2009 | Lien permanent | Commentaires (11) | TrackBack (0)
Ancien président de la Commission européenne, Jacques Delors a accordé au quotidien "Le Parisien" une interview croisée avec Vincent Peillon pour l’élection du 7 juin.
Le Parisien : Le taux d’abstention s’annonce important. N’est-ce pas déjà un aveu d’échec pour l’Europe ?
Vincent Peillon. L’abstention est d’abord liée à l’attitude de la droite qui a volé aux Français cette campagne.
Le pouvoir organise un véritable déni de démocratie. La droite sait qu’elle ne peut pas espérer continuer à diriger l’Europe si elle dit la vérité sur son bilan en matière de services publics, de crise financière, de lutte contre les discriminations… Elle ne veut pas assumer non plus son projet. Et pour cause, c’est toujours plus de dérégulation.
Jacques Delors. En France, quand une décision positive est prise par le Conseil européen des ministres, le pouvoir dit : « C’est grâce à nous. » Lorsqu’au contraire une décision est moins favorable, « C’est la faute à Bruxelles ». Comment voulez- vous que les citoyens s’y retrouvent ? J’ajoute que l’aventure européenne est un projet fondé sur la mémoire et le long terme. Or, la vie politique est de plus en plus centrée sur le court terme et l’instantané. En cinquante ans, nous avons mis fin aux guerres civiles européennes. Nous avons institué le triomphe du droit en lieu et place de la loi du plus fort. Nous avons développé une culture du compromis entre des pays qui ont des traditions et des majorités différentes. Ne l’oublions pas.
Beaucoup de Français reprochent à l’Europe de ne pas assez les protéger contre la crise économique…
V.P. Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Dans cette crise, l’Europe nous a protégés, en particulier avec l’euro. Mais il est vrai que la droite a donné à l’Europe une orientation qui n’est pas la bonne. Lorsqu’on renonce, contrairement au projet des fondateurs, à l’harmonisation sociale et fiscale, lorsqu’on refuse la directive service public qui fait partie du modèle social européen, alors on s’aligne sur des standards libéraux et on déstabilise les plus fragiles.
J.D. En se rendant complice d’une grave dérive financière, les gouvernements de droite ont renforcé l’idée que l’Europe ne protège pas. Au-delà des affrontements idéologiques, trois leçons sont à retenir de cette crise. Tout pouvoir qui n’a aucune limite finit par en abuser, y compris le pouvoir financier. Cette crise révèle aussi la tyrannie du court terme et du rendement. Dans l’euphorie générale, il y a perte de la conscience du risque. J’ai toujours dénoncé ces excès. Mais la droite, elle, n’a jamais rien voulu bouger.
Pourtant, dans un texte commun, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont plaidé pour « une économie de marché responsable » : n’est-ce pas une définition du delorisme ?
V.P. Ce n’est qu’un tract de campagne. Là où l’Europe aurait besoin d’un couple franco-allemand fort pour avancer, ni Angela Merkel ni Nicolas Sarkozy ne sont en mesure de proposer une action précise.
J.D.Dans ce communiqué à visée électoraliste, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se contentent de souhaits, de velléités et même de formules ambiguës. Ils prétendent que pour pouvoir agir, l’Union a besoin de frontières et qu’un élargissement illimité n’est pas possible… Mais ni l’un ni l’autre n’ont le courage de mentionner la Turquie. Et que pensent les pays des Balkans de cette formule ? Notre devoir historique est d’intégrer les pays de l’ex-Yougoslavie. Sur le plan économique, c’est bien gentil de faire des discours anticapitalistes quand on s’est rendu complice de la dérive libérale. Il n’y pas de quoi être béat d’admiration sur ce qui s’est fait ces derniers mois.
Vous voulez dire que la présidence française de Sarkozy n’a pas été si extraordinaire que cela ?
J.D. Nicolas Sarkozy a sonné le tocsin parce qu’il y avait le feu. Elever au niveau d’exploit son intervention dans le conflit géorgien ou à Gaza, il ne faut pas exagérer. L’Europe communautaire n’a pas non plus progressé. Dans le passé, c’est elle qui a fait toujours avancer la construction européenne. Et non pas, de temps en temps, un chef prestigieux qui pousserait tous les wagons.
Comment réagissez-vous lorsque François Bayrou laisse entendre qu’il est votre « fils spirituel » ?
J.D. Cela m’a plutôt agacé. Il ne faut quand même pas pousser. A ma connaissance, François Bayrou ne m’a jamais offert explicitement son soutien en 1994 (NDLR : Delors songeait alors à se présenter à la présidentielle de 1995). Je souhaite qu’il arrête.
Comment sortir l’Europe de son blocage actuel ?
J.D. Pour la mise en place de l’euro et de Schengen (NDLR : espace basé sur des règles communes en matière de circulation des personnes), l’Europe n’a pas cherché l’unanimité. C’est un groupe de pays qui a décidé d’être à l’avant-garde en s’organisant autour de coopérations renforcées. Je vois deux sujets d’avancées possibles : l’harmonisation fiscale et sociale, avec un fonds d’actions structurelles au sein de l’Union économique et monétaire, et une Communauté européenne de l’énergie. Les divisions des Européens vis-à-vis des fournisseurs de gaz et de pétrole sont désolantes. Si les 27 n’arrivent pas à articuler élargissement et coopération renforcée, l’Union deviendra ingérable et va s’engourdir.
Le PS fait campagne sur un changement de majorité en Europe. Est-ce réalisable ?
J.D. Il faut jouer le match pour essayer de le gagner. Nous pourrons parler de changement de majorité quand nous connaîtrons avec exactitude la géographie au Parlement européen le 7 juin au soir.
Dans les sondages, le PS se situe autour de 20%. Pourquoi si bas ?
V.P. Nous avons fait un mauvais congrès en novembre. Mais aujourd’hui, c’est surtout la dispersion à gauche qui nous pénalise. Quand on additionne les intentions de vote, le score de la gauche est bon alors que la majorité, elle, est très basse. Mais le score que les instituts nous prédisent reste convenable.
Convenable pour le PS alors que la crise sévit et devrait lui ouvrir un boulevard ?
V.P. La droite cache aux électeurs son bilan à Strasbourg et elle ment sur ses perspectives. Jacques Delors a été par exemple le premier en Europe à dire qu’il fallait recourir à l’emprunt pour financer des grands travaux…
J.D. C’était en 1993 !
V.P. La droite s’y est toujours opposée. Aujourd’hui, Michel Barnier y est favorable. Mais ce ministre a signé le manifeste de la droite européenne qui prétend que c’est impossible. L’UMP trompe les électeurs !
J.D. Quand les chefs de gouvernement de droite veulent rassurer l’inquiétude des citoyens, ils mettent en avant les amortisseurs sociaux. Mais qui les a créées si ce n’est les socialistes ? Et qui a freiné les progrès sociaux ? La droite ! Aujourd’hui, ils nous prennent sans vergogne nos arguments.
Le sort de Martine Aubry, la première secrétaire, est-il lié au résultat du 7 juin ?
V.P. Comme premier responsable du courant le plus important du PS, je vous le redis : il serait très curieux de vouloir se rassembler sur les listes, de l’obtenir et ensuite de lâcher la première secrétaire.
Propos recueillis par Eric Hacquemand, Rosalie Lucas et Henri Vernet pour Le Parisien
Rédigé le 04 juin 2009 | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Rédigé le 04 juin 2009 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Libération publie aujourd'hui une tribune de Vincent Peillon. L’Europe politique est-elle devenue un scénario impossible ? Elle est toujours éminemment souhaitable. Il y a une identité européenne, autour de ce que Bronislaw Geremek appelait «l’irréductibilité de la dignité humaine», qui s’incarne dans le modèle social de l’Etat-providence. Ce modèle a été réévalué par la crise financière et l’effondrement du modèle néolibéral : ce n’est plus la «Vieille Europe», mais le nouveau «Nouveau Monde». Des institutions politiques sont nécessaires pour porter le modèle européen, et le projeter sur la scène internationale. Mais il est vrai que la fenêtre d’opportunité, grande ouverte au cours des années 90, s’est refermée. L’objectif des pères fondateurs, c’était que la construction économique européenne ait un jour la masse critique pour basculer vers l’Europe politique. Pour leurs héritiers, ce jour est venu avec la chute du Mur de Berlin. Elle offrait la dynamique politique, dans l’enthousiasme de la réunification du continent. Témoignage de cette volonté, le changement de dénomination de l’Europe opérée par le traité de Maastricht en 1992 : de la Communauté économique européenne à l’Union européenne – de l’Europe technique à l’Europe politique. Pourtant, négociations après négociations, – traités de Maastricht (1992), Amsterdam (1997), Nice (2001), Constitution européenne (2004), traité de Lisbonne (2007)–, l’Europe politique est repoussée.
Aujourd’hui, les énergies se sont épuisées, la flamme est presque éteinte. Il reste pourtant un espoir. Une Ire République européenne peut encore voir le jour. Mais elle ne se fera pas avec les moteurs du passé. Les gouvernements ont fait l’Europe par la diplomatie, à coups de traités intergouvernementaux, depuis le traité de Rome : ce moteur est cassé.
L’Europe politique ne pourra se faire qu’à traité constant. L’élargissement est passé par là. La réforme institutionnelle était difficile à quinze ; elle relève de la mission impossible à vingt-sept. De toute manière, on ne peut pas attendre des gouvernements, dépositaires de la souveraineté nationale, qu’ils construisent la souveraineté européenne. Le moteur d’hier, c’est la Commission. Elle a fait l’Europe, par sa dynamique et ses initiatives. Mais elle ne veut pas faire l’Europe politique. La clé de l’avenir se trouve ailleurs, au Parlement européen, dernière institution où souffle «l’esprit européen». Le Parlement européen est l’institution qui représente les citoyens : c’est à elle que revient de bâtir l’Europe démocratique. Le point central pour faire la bascule fédérale, c’est de transformer la Commission, aujourd’hui exécutif technique nommé par les Etats, en véritable gouvernement politique responsable devant les citoyens européens. Le Parlement peut le faire : il a les moyens de repousser les nominations des Etats et d’imposer une Commission issue de la majorité politique sortie des urnes. La bataille peut se livrer dans le cadre de ces élections. C’est ce que propose la gauche : si elle est majoritaire au Parlement, elle cherchera à écarter José Manuel Barroso, le président sortant de la Commission, conservateur, au profit d’un candidat issu de ses rangs. Mais les règles du jeu ne sont pas les mêmes avec ou sans le traité de Lisbonne. Sans lui, il faudra un véritable «coup d’Etat» politique du Parlement pour passer à l’Europe fédérale. Avec lui, l’opportunité juridique est ouverte et il reviendra alors aux parlementaires de prendre leur responsabilité. Mais pour que l’Europe politique voie le jour, notre génération doit prendre le relais. La génération d’après-guerre a réalisé la première étape européenne : elle l’a menée de la guerre à la paix, de la ruine à la prospérité. Nous devons bâtir la seconde étape, de l’intégration économique à la puissance politique. Le Parlement sera son théâtre d’opérations.
Rédigé le 02 juin 2009 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)