Vincent Peillon était ce matin l'invité de Jean-Jacques Bourdin, en direct de Bruxelles. Il est revenu sur les résultats décevants des socialistes aux élections européennes qui se sont tenues hier.
Vincent Peillon était ce matin l'invité de Jean-Jacques Bourdin, en direct de Bruxelles. Il est revenu sur les résultats décevants des socialistes aux élections européennes qui se sont tenues hier.
Rédigé le 08 juin 2009 | Lien permanent | Commentaires (11) | TrackBack (0)
Ancien président de la Commission européenne, Jacques Delors a accordé au quotidien "Le Parisien" une interview croisée avec Vincent Peillon pour l’élection du 7 juin.
Le Parisien : Le taux d’abstention s’annonce important. N’est-ce pas déjà un aveu d’échec pour l’Europe ?
Vincent Peillon. L’abstention est d’abord liée à l’attitude de la droite qui a volé aux Français cette campagne.
Le pouvoir organise un véritable déni de démocratie. La droite sait qu’elle ne peut pas espérer continuer à diriger l’Europe si elle dit la vérité sur son bilan en matière de services publics, de crise financière, de lutte contre les discriminations… Elle ne veut pas assumer non plus son projet. Et pour cause, c’est toujours plus de dérégulation.
Jacques Delors. En France, quand une décision positive est prise par le Conseil européen des ministres, le pouvoir dit : « C’est grâce à nous. » Lorsqu’au contraire une décision est moins favorable, « C’est la faute à Bruxelles ». Comment voulez- vous que les citoyens s’y retrouvent ? J’ajoute que l’aventure européenne est un projet fondé sur la mémoire et le long terme. Or, la vie politique est de plus en plus centrée sur le court terme et l’instantané. En cinquante ans, nous avons mis fin aux guerres civiles européennes. Nous avons institué le triomphe du droit en lieu et place de la loi du plus fort. Nous avons développé une culture du compromis entre des pays qui ont des traditions et des majorités différentes. Ne l’oublions pas.
Beaucoup de Français reprochent à l’Europe de ne pas assez les protéger contre la crise économique…
V.P. Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Dans cette crise, l’Europe nous a protégés, en particulier avec l’euro. Mais il est vrai que la droite a donné à l’Europe une orientation qui n’est pas la bonne. Lorsqu’on renonce, contrairement au projet des fondateurs, à l’harmonisation sociale et fiscale, lorsqu’on refuse la directive service public qui fait partie du modèle social européen, alors on s’aligne sur des standards libéraux et on déstabilise les plus fragiles.
J.D. En se rendant complice d’une grave dérive financière, les gouvernements de droite ont renforcé l’idée que l’Europe ne protège pas. Au-delà des affrontements idéologiques, trois leçons sont à retenir de cette crise. Tout pouvoir qui n’a aucune limite finit par en abuser, y compris le pouvoir financier. Cette crise révèle aussi la tyrannie du court terme et du rendement. Dans l’euphorie générale, il y a perte de la conscience du risque. J’ai toujours dénoncé ces excès. Mais la droite, elle, n’a jamais rien voulu bouger.
Pourtant, dans un texte commun, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont plaidé pour « une économie de marché responsable » : n’est-ce pas une définition du delorisme ?
V.P. Ce n’est qu’un tract de campagne. Là où l’Europe aurait besoin d’un couple franco-allemand fort pour avancer, ni Angela Merkel ni Nicolas Sarkozy ne sont en mesure de proposer une action précise.
J.D.Dans ce communiqué à visée électoraliste, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se contentent de souhaits, de velléités et même de formules ambiguës. Ils prétendent que pour pouvoir agir, l’Union a besoin de frontières et qu’un élargissement illimité n’est pas possible… Mais ni l’un ni l’autre n’ont le courage de mentionner la Turquie. Et que pensent les pays des Balkans de cette formule ? Notre devoir historique est d’intégrer les pays de l’ex-Yougoslavie. Sur le plan économique, c’est bien gentil de faire des discours anticapitalistes quand on s’est rendu complice de la dérive libérale. Il n’y pas de quoi être béat d’admiration sur ce qui s’est fait ces derniers mois.
Vous voulez dire que la présidence française de Sarkozy n’a pas été si extraordinaire que cela ?
J.D. Nicolas Sarkozy a sonné le tocsin parce qu’il y avait le feu. Elever au niveau d’exploit son intervention dans le conflit géorgien ou à Gaza, il ne faut pas exagérer. L’Europe communautaire n’a pas non plus progressé. Dans le passé, c’est elle qui a fait toujours avancer la construction européenne. Et non pas, de temps en temps, un chef prestigieux qui pousserait tous les wagons.
Comment réagissez-vous lorsque François Bayrou laisse entendre qu’il est votre « fils spirituel » ?
J.D. Cela m’a plutôt agacé. Il ne faut quand même pas pousser. A ma connaissance, François Bayrou ne m’a jamais offert explicitement son soutien en 1994 (NDLR : Delors songeait alors à se présenter à la présidentielle de 1995). Je souhaite qu’il arrête.
Comment sortir l’Europe de son blocage actuel ?
J.D. Pour la mise en place de l’euro et de Schengen (NDLR : espace basé sur des règles communes en matière de circulation des personnes), l’Europe n’a pas cherché l’unanimité. C’est un groupe de pays qui a décidé d’être à l’avant-garde en s’organisant autour de coopérations renforcées. Je vois deux sujets d’avancées possibles : l’harmonisation fiscale et sociale, avec un fonds d’actions structurelles au sein de l’Union économique et monétaire, et une Communauté européenne de l’énergie. Les divisions des Européens vis-à-vis des fournisseurs de gaz et de pétrole sont désolantes. Si les 27 n’arrivent pas à articuler élargissement et coopération renforcée, l’Union deviendra ingérable et va s’engourdir.
Le PS fait campagne sur un changement de majorité en Europe. Est-ce réalisable ?
J.D. Il faut jouer le match pour essayer de le gagner. Nous pourrons parler de changement de majorité quand nous connaîtrons avec exactitude la géographie au Parlement européen le 7 juin au soir.
Dans les sondages, le PS se situe autour de 20%. Pourquoi si bas ?
V.P. Nous avons fait un mauvais congrès en novembre. Mais aujourd’hui, c’est surtout la dispersion à gauche qui nous pénalise. Quand on additionne les intentions de vote, le score de la gauche est bon alors que la majorité, elle, est très basse. Mais le score que les instituts nous prédisent reste convenable.
Convenable pour le PS alors que la crise sévit et devrait lui ouvrir un boulevard ?
V.P. La droite cache aux électeurs son bilan à Strasbourg et elle ment sur ses perspectives. Jacques Delors a été par exemple le premier en Europe à dire qu’il fallait recourir à l’emprunt pour financer des grands travaux…
J.D. C’était en 1993 !
V.P. La droite s’y est toujours opposée. Aujourd’hui, Michel Barnier y est favorable. Mais ce ministre a signé le manifeste de la droite européenne qui prétend que c’est impossible. L’UMP trompe les électeurs !
J.D. Quand les chefs de gouvernement de droite veulent rassurer l’inquiétude des citoyens, ils mettent en avant les amortisseurs sociaux. Mais qui les a créées si ce n’est les socialistes ? Et qui a freiné les progrès sociaux ? La droite ! Aujourd’hui, ils nous prennent sans vergogne nos arguments.
Le sort de Martine Aubry, la première secrétaire, est-il lié au résultat du 7 juin ?
V.P. Comme premier responsable du courant le plus important du PS, je vous le redis : il serait très curieux de vouloir se rassembler sur les listes, de l’obtenir et ensuite de lâcher la première secrétaire.
Propos recueillis par Eric Hacquemand, Rosalie Lucas et Henri Vernet pour Le Parisien
Rédigé le 04 juin 2009 | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Rédigé le 04 juin 2009 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Libération publie aujourd'hui une tribune de Vincent Peillon. L’Europe politique est-elle devenue un scénario impossible ? Elle est toujours éminemment souhaitable. Il y a une identité européenne, autour de ce que Bronislaw Geremek appelait «l’irréductibilité de la dignité humaine», qui s’incarne dans le modèle social de l’Etat-providence. Ce modèle a été réévalué par la crise financière et l’effondrement du modèle néolibéral : ce n’est plus la «Vieille Europe», mais le nouveau «Nouveau Monde». Des institutions politiques sont nécessaires pour porter le modèle européen, et le projeter sur la scène internationale. Mais il est vrai que la fenêtre d’opportunité, grande ouverte au cours des années 90, s’est refermée. L’objectif des pères fondateurs, c’était que la construction économique européenne ait un jour la masse critique pour basculer vers l’Europe politique. Pour leurs héritiers, ce jour est venu avec la chute du Mur de Berlin. Elle offrait la dynamique politique, dans l’enthousiasme de la réunification du continent. Témoignage de cette volonté, le changement de dénomination de l’Europe opérée par le traité de Maastricht en 1992 : de la Communauté économique européenne à l’Union européenne – de l’Europe technique à l’Europe politique. Pourtant, négociations après négociations, – traités de Maastricht (1992), Amsterdam (1997), Nice (2001), Constitution européenne (2004), traité de Lisbonne (2007)–, l’Europe politique est repoussée.
Aujourd’hui, les énergies se sont épuisées, la flamme est presque éteinte. Il reste pourtant un espoir. Une Ire République européenne peut encore voir le jour. Mais elle ne se fera pas avec les moteurs du passé. Les gouvernements ont fait l’Europe par la diplomatie, à coups de traités intergouvernementaux, depuis le traité de Rome : ce moteur est cassé.
L’Europe politique ne pourra se faire qu’à traité constant. L’élargissement est passé par là. La réforme institutionnelle était difficile à quinze ; elle relève de la mission impossible à vingt-sept. De toute manière, on ne peut pas attendre des gouvernements, dépositaires de la souveraineté nationale, qu’ils construisent la souveraineté européenne. Le moteur d’hier, c’est la Commission. Elle a fait l’Europe, par sa dynamique et ses initiatives. Mais elle ne veut pas faire l’Europe politique. La clé de l’avenir se trouve ailleurs, au Parlement européen, dernière institution où souffle «l’esprit européen». Le Parlement européen est l’institution qui représente les citoyens : c’est à elle que revient de bâtir l’Europe démocratique. Le point central pour faire la bascule fédérale, c’est de transformer la Commission, aujourd’hui exécutif technique nommé par les Etats, en véritable gouvernement politique responsable devant les citoyens européens. Le Parlement peut le faire : il a les moyens de repousser les nominations des Etats et d’imposer une Commission issue de la majorité politique sortie des urnes. La bataille peut se livrer dans le cadre de ces élections. C’est ce que propose la gauche : si elle est majoritaire au Parlement, elle cherchera à écarter José Manuel Barroso, le président sortant de la Commission, conservateur, au profit d’un candidat issu de ses rangs. Mais les règles du jeu ne sont pas les mêmes avec ou sans le traité de Lisbonne. Sans lui, il faudra un véritable «coup d’Etat» politique du Parlement pour passer à l’Europe fédérale. Avec lui, l’opportunité juridique est ouverte et il reviendra alors aux parlementaires de prendre leur responsabilité. Mais pour que l’Europe politique voie le jour, notre génération doit prendre le relais. La génération d’après-guerre a réalisé la première étape européenne : elle l’a menée de la guerre à la paix, de la ruine à la prospérité. Nous devons bâtir la seconde étape, de l’intégration économique à la puissance politique. Le Parlement sera son théâtre d’opérations.
Rédigé le 02 juin 2009 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
Vincent Peillon a répondu ce matin aux questions du Télégramme de Brest
Le Télégramme - L'écart constaté par les sondages entre les listes UMP (28% d'intentions de vote) et celles du PS (21%) vous inquiète-t-il?
Non. Ce qui m'inquiétait, jusqu'à ces derniers jours, c'était que l'on ne puisse pas mener la campagne européenne que l'on doit aux Français. J'ai aujourd'hui le sentiment que les choses bougent dans le bon sens.
Comment pensez-vous rattraper votre retard sur les listes de la majorité?
J'observe d'abord que l'Union de la majorité se situe au mieux à 28%. Toutes les autres listes se positionnent contre le gouvernement actuel. Elles recueilleraient ainsi plus de 70% des suffrages. Ce qu'on lit aujourd'hui dans les sondages, c'est un désaveu de l'UMP et de Nicolas Sarkozy. Je pense ensuite que le mode de scrutin et aussi l'impossibilité, jusqu'à maintenant, de faire campagne n'ont pas permis d'exposer aux Français - c'est d'ailleurs la stratégie de Sarkozy - les enjeux de cette campagne. L'UMP dit exactement le contraire de ce qu'elle a fait au Parlement européen au cours des cinq dernières années. On le voit, par exemple, à propos de la recherche ou des services publics. Ils ne refusent pas seulement le débat, ils mentent aussi sur la nature de leur projet. Or, cette élection fait apparaître deux orientations européennes tout à fait différentes. L'enjeu de ce scrutin est donc de montrer qu'il existe une alternative à la politique européenne de Nicolas Sarkozy. Et seuls les socialistes sont porteurs de cette alternative.
François Bayrou est désormais désigné comme le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy. Le président du MoDem n'est-il pas en train de devenir le caillou dans la chaussure des socialistes?
On assiste à un phénomène médiatique intéressant. Monsieur Bayrou fait la tournée des médias en se contentant de dénoncer Nicolas Sarkozy et tout le monde trouve cela très bien. J'ajoute que l'on voit aujourd'hui comment le parti au pouvoir instrumentalise tous les votes anti-sarkozystes contre le PS. Cela devrait mettre la puce à l'oreille des électeurs. Il est, en effet, curieux que tous ces gens qui prétendent s'opposer au président de la République cherchent à tailler des croupières au principal parti de l'opposition... François Bayrou, malgré mes demandes incessantes de clarification, continue de siéger avec les libéraux au parlement européen. Que les électeurs ne s'y trompent pas, le 7juin, il faut voter utile car celui qui est tenté de voter pour les petits partis risque contre son intention de conforter Nicolas Sarkozy et la droite.
Les socialistes reprochent à François Bayrou de confondre les européennes avec le premier tour de la présidentielle de 2012. Votre parti n'est-il pas affecté du même travers quand tant de dirigeants socialistes se bousculent déjà au portillon de la candidature élyséenne?
Je pense qu'il faut faire très attention au mélange des genres. Je crois qu'il faut profiter de ce moment européen pour parler d'Europe et ne pas céder aux sollicitations médiatiques qui poussent quelques-uns à se positionner en vue de l'échéance encore lointaine de 2012. Le scrutin du 7juin doit être l'occasion de trancher entre deux orientations européennes. Quand on regarde les projets, il y a bien deux politiques européennes antagonistes. On a, d'un côté, les socialistes qui veulent une Europe puissance, dotée d'un budget, capable de lever l'emprunt pour favoriser la sortie de crise, une Europe plus ouverte sur le monde. De l'autre côté, on a le projet d'une Europe a minima. Nicolas Sarkozy dit par exemple clairement que le social n'est pas une question européenne. Il s'agit bien d'une confrontation de deux conceptions différentes de la construction européenne. Il faut donc que nous ayons sereinement ce débat devant les Français. Et tous ceux qui détournent le sens de cette élection européenne ont tort de le faire.
Propos recueillis par Philippe Reinhard
Rédigé le 22 mai 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Vincent Peillon a participé ce mardi au Meeting de Marseille, en présence de Martine Aubry, Michel Vauzelle, Jean-Noël Guérini, Eugène Caselli, Patrick Mennucci, Zita Gurmai et de l'ensemble des colistiers socialistes de la grande région Sud-Est. Voici la vidéo de son discours, prononcé devant les 2000 militants et sympathisants qui s'étaient rassemblés pour l'occasion.
Rédigé le 19 mai 2009 | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Vincent Peillon était ce lundi l'invité d'Anne Fulda pour l'émission le "TALK Orange - Le Figaro".
Rédigé le 18 mai 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Vincent Peillon était ce matin l'invité politique de Christophe Barbier (LCI).
Rédigé le 18 mai 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Vincent Peillon se félicite ce mercredi de l'adoption par le Parlement européen de la réforme du Fonds Européen d'ajustement à la Mondialisation (FEM). "C'est un succès majeur pour l'Europe sociale et pour les socialistes européens qui se sont longtemps battus, seuls, pour cette réforme. Ce que le Parlement vient de voter massivement, ce n'est autre que ce que la gauche demandait depuis 2006, mais que les libéraux et le Conseil avaient toujours refusé", a-t-il déclaré.
Grâce à ce vote qui prend effet immédiatement, l'octroi des 500 millions d'euros d'aides disponibles au niveau européen pour les victimes des licenciements dus à la crise économique va être considérablement facilité : éligibilité au fonds à partir de 500 licenciements au lieu de 1000, augmentation de la part de l'Union dans le cofinancement de 50% à 65%, ou encore allongement de la portée des aides. Face à la crise économique, cette réforme devrait ainsi permettre aux victimes de plans sociaux massifs, et notamment aux Caterpillar, de bénéficier des aides européennes.
Toutefois, comme Vincent Peillon l'avait déjà annoncé à l'intersyndicale lors de sa visite à Grenoble le 30 mars dernier, "la balle est désormais dans le camp du gouvernement", qui est le seul à pouvoir enclencher la procédure de demande de déblocage des fonds. "Aujourd'hui, je lance donc un appel solennel à Nicolas Sarkozy pour qu'il saisisse sans attendre la Commission européenne du dossier Caterpillar".
Rédigé le 06 mai 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Vincent était ce matin l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC.
Rédigé le 07 avril 2009 | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
Rédigé le 05 mars 2009 | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
Vincent Peillon a répondu ce matin aux questions de François Tonneau pour le quotidien "La Provence". Il s'est exprimé sur sa désignation comme tête de liste PS de la grande circonscription Sud-Est en vue des élections européennes de juin prochain.
"La Provence" : Cette nomination est-elle vraiment un "crève-coeur" ?
Vincent Peillon :
Je fais de la politique en vérité et en sincérité. Pendant quinze ans,
j'ai travaillé dans le Nord-Ouest où j'ai tissé des liens importants.
J'ai utilisé le mot "crève-coeur", oui, mais il y a une deuxième partie
à cette phrase: j'avais envie de passer à autre chose. On m'avait
proposé l'Est et le Centre, mais le Sud-Est est la seule région où je
souhaitais et où j'ai accepté d'aller.
- Pour quelles raisons ?
V.P. : Chez
vous, j'ai trouvé des gens sincères. Je suis très heureux de l'accueil
et de la loyauté de personnes telles que Jean-Noël Guérini, qui a
montré qu'il était aussi un grand dirigeant national.
- Il dit toutefois vouloir s'en tenir à ses ambitions locales...
V.P. : Il
est très attaché à Marseille et à son département. Cela lui permet
d'avoir un rôle de sage au niveau national. Même s'il n'en a pas envie,
il le joue de facto. Quant à Patrick Mennucci, je lui fais une totale
confiance. Il sera mon directeur de campagne. Je serai dès demain dans
le Sud-Est et jeudi à Marseille.
- Vous n'en voulez donc pas à Martine Aubry d'avoir insisté pour cette nomination ?
V.P. :
Elle considère qu'après le départ de Michel Rocard, cette région que je
connais bien méritait une attention particulière. Elle a une importance
économique et une tradition socialiste fortes. En outre, il y a ici une
vraie volonté politique d'ouverture.
- Les plaies du Congrès de Reims sont-elle refermées ?
V.P. :
Cette page est tournée. On a souhaité un rassemblement sur les
Européennes. Rassemblement qui, par rapport au contexte de la crise et
de cette échéance, est indispensable. L'épisode est clos, même si ces
batailles laissent des traces. Personne ne se serait attendu à ce qu'on
soit allé si vite. Je suis content que le parti soit en ordre de
marche.
- On a cru comprendre que vous vous détachiez de Ségolène Royal...
V.P. : Nous
sommes nombreux à l'avoir aidée. Nous formions le premier collectif du
parti lorsqu'elle était candidate. Ni elle, ni nous ne sommes enfermés
dans un courant pour autant. Il y a de l'amitié et du respect avec
Ségolène Royal, que je verrai demain matin. Mais nous gardons toute
notre liberté. La seule préoccupation est l'intérêt de la gauche et du
PS.
- Quel est votre objectif pour ces Européennes, dont vous serez aussi porte-parole national ?
V.P. :
En France, on ne parle pas assez d'Europe, c'est regrettable. L'Europe
joue pourtant un rôle déterminant, y compris au niveau local. Je ferai
une campagne dans ce sens, l'objectif étant de faire le mieux possible.
Nous allons attirer les regards. Nous ferons un grand meeting national
à Marseille.
- Que pensez-vous du mot "parachutage" ?
Il ne me plaît pas. L'Europe ne s'arrête pas aux frontières d'une région, les idées socialistes non plus.
Rédigé le 02 mars 2009 | Lien permanent | Commentaires (16) | TrackBack (0)
A l'heure où la France vient, pour six mois, de prendre la Présidence tournante de l'Union Européenne, Vincent Peillon a tout d'abord répondu aux questions d'Anne Fulda sur l'Europe : discours de Nicolas Sarkozy devant le Parlement européen, Tibet, Union pour la méditerranée, etc.
Puis il est revenu sur différents aspects de l'actualité nationale, et notamment sur la venue du Président syrien Bachar al-Assad à Paris le jour du 14 juillet, ou encore sur la "mise à sac" de l'appartement de Ségolène Royal.
Rédigé le 12 juillet 2008 | Lien permanent | Commentaires (6) | TrackBack (0)
Le Parlement européen s’est déshonoré en adoptant ce mercredi la directive « Retours » fixant un cadre de règles communes pour la rétention et l’expulsion des immigrés clandestins.Rédigé le 20 juin 2008 | Lien permanent | Commentaires (6) | TrackBack (0)